Exposition à Territoires partagés

Concernant l'installation au premier plan, je me suis inspiré du motif du carrelage sur lequel est positionné mon travail. J'ai remarqué tres simplement que ce motif composé de la forme d'une étoile et d'un carré se développe symétriquement comme la plupart des motifs de carrelage. C'est la forme de l'étoile qui m'a particulièrement intéressé car à travers celle-ci, à travers son jeu de rectangles couplés en perspective, je voyais comme des fenêtres ou des volets entrouverts. Deux formes identiques de couleur rouge ,contrastant avec le sol, en appui sur des portes-assiettes sont positionnées dans un degré d'inclinaison différent. Je voulais à travers la position de ces deux plaques découpées et peintes donner l'impression de quelque chose qui s'entrouvre pivotant sur un axe bien que celles-ci soit figées, en équilibre sur ces supports. Il a été question pour moi dans ce travail d'un jeu de positionnement des éléments qui le composent. Jeu d'axe horizontale avec ces formes rouges et verticale avec ces portes-assiettes en résonnance avec le motif du sol.

L’exposition de Francis De Hita à Territoires partagés est une joyeuse variation sur la déchirure sublimée. De beaux dessins démontrant toutes les façons de transformer les barrières Vauban et les mettant en charpie avec art. Un étrange objet de bois rouge divisé en deux, sorte de lutrin gémellé posé au sol pour consoler la misère du carrelage. Et une curieuse série de chapeaux déchirés fichés sur des piques en montants d’huisseries. Avec des réminiscences mêlées d’Isadora Duncan, de temps-morts révolutionnaires et de pénitents blancs. Qu’ya- t-il de joyeux là-dedans ? Sais pas. C’est un des mystères de l’art.

Texte de Jean-Louis Marcos
Extrait du blog 7000 Articulations
Journal d'un observateur d'art